Asli Erdogan : “Aujourd’hui, en Turquie, je suis officiellement désignée comme une traîtresse”

Est-ce son écriture poétique, presque hallucinée ? Ou son obstination indomptable à s’élever, dans ses romans comme dans ses articles, contre les hontes de son pays : la torture, l’oppression des Kurdes, les violences faites aux femmes, le génocide arménien ? Grande voix de la littérature turque, physicienne de formation, Asli Erdogan dérange. Qui a lu Le Bâtiment de pierre, roman magnétique et incantatoire sur la prison, ou La Ville dont la cape est rouge, récit autobiographique de ses années d’errance morbide au Brésil, reste à jamais marqué par son écriture libre, intrépide, à fleur de peau. Pour museler sa parole, un matin d’août 2016, des policiers armés et cagoulés ont fait irruption dans son appartement stambouliote. 

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