Istanbul • Expo en soutien à Aslı Erdoğan

Les artistes Beral Madra et Feyyaz Yaman, ayant travaillé avec Aslı Erdoğan, rééditent en soutien, une double exposition “Autoportrait” (Kendi protresi) et “Ce qui manque” (Eksik Olan) dans l’espace d’Art indépendant Karşı Sanat dans le quartier Beyoğlu à Istanbul. Aslı avait contribué pour la rédaction des textes de ces deux expos, qui avaient été ouvertes entre le 19 septembre et le 18 octobre 2003.

L’exposition sera inaugurée le samedi 10 décembre avec une conférence de presse à 17h00.

Vous trouverez ci-dessous les introductions à cette nouvelle exposition, par les artistes.

“Autoportrait”

Cette exposition se focalisait sur les oeuvres pour lesquels l’artiste se proposait directement comme le sujet. Dans ce genre d’oeuvre l’artiste crée une communication directe avec le public. Il se positionne dans les espaces qu’il essaye de découvrir, interpréter ou critiquer, et met en avant des principes comme la narration directe, expérience personnelle et participation de l’intérieur.

Aslı Erdoğan a contribué au contenu de l’exposition, dans le domaine de la rédaction.

Le texte d’Aslı Erdoğan, composé de 13 chapitres, exposé comme un journal poétique, cherche la réalité sur elle avec une analyse détaillée. L’exposition proposait à la société qui cherche sa vraie identité, à travers des orientations politiques, de la consommation artificielle et des images électroniques, et qui pense l’avoir trouvée, de se regarder sans réserves afin de trouver sa vrai identité, et se questionner soi-même, comme un artiste, courageusement, en intégrant sa propre identité à toutes les les autres de son imagination. Le texte dAslı Erdoğan propose un propos qui correspond exactement à ce questionnement. Se questionner, est un chemin raccourci pour saisir la situation politique-sociale-culturelle actuelle de la géographie dans laquelle nous vivons, et de la considérer ; le texte d’Aslı Erdoğan est donc un document qui nous indique ce chemin.

Beral Madras – 2016

“Ce qui manque”

Aslı Erdoğan, était l’artiste participante de l’expo “Ce qui manque” organisée au Karşı Sanat en 2003, du 19 septembre à 18 octobre. Elle y avait contribué avec une oeuvre textuelle et un papyrus.

Elle avait donc participé à cette exposition, organisée comme réponse à l’exposition “Justice poétique” de Dan Cameron, lors de la Biennale d’Istanbul dans la même période.

L’exposition pointe un avertissement sur le fait que la plus grande guerre vécue en Mésopotamie (Irak 2003), la violence dominante universelle et la sauvagerie commise au nom de la liberté et de la civilisation, soient traitées avec poésie, était un “oxymore”.

Depuis cette période, nous sommes projetés, à grands pas, vers une catastrophe mondiale. Chaque jour qui passe, les balances des juges sont faussées, hypocrites et opportunistes, ils brandissent l’épée de la Justice avec indifférence et tranchent.

Et, devant la violence du dominant, le cœur d’Aslı hurle, en tant que conscience et cri du déshérité.

Mais, il faut que cela se sache, les jours où, des milliers de cœurs devenus un seront sur la balance, et constitualiseront la Justice du peuple, viendront.

Il n’existe pas de croyance, de religion, de Droit qui peuvent juger le cœur des peuples opprimés.

Le cœur de l’Art ne peut pas être tu.

Feyyaz Yanam – 2016

By Kedistan